Plan du cours :
- Introduction : du blanc et du noir
- Pierre Soulages: 40 ans d’Outrenoirs
- Noir, c’est noir ? Exposition Soulages Arts, sciences, design et tech EPFL Lausanne
- Et bien sûr Conques … for ever !
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Des artistes du blanc :
Robert Ryman, Doug Wheeler, Robert Rauschenberg (White Painting en trois panneaux), (Kasimir Malevitch Carré blanc sur fond blanc ; 1918)


Des artistes du noir :
Manet, Goya…

Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872
© Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
https://www.musee-orsay.fr/fr/magazine/2025-03-02/berthe-morisot-1841-1895-130-ans-apres-sa-mort-portrait-dune-pionniere-qui-defie-les-conventions
“L’ami d’Édouard Manet, le poète Charles Baudelaire, décrivait le noir comme la couleur du XIXe siècle. Manet excellait dans l’utilisation du noir, apposant sa marque à la fois audacieuse et subtile sur une grande variété de sujets, des danseuses espagnoles exotiques aux chevaux et spectateurs d’un hippodrome parisien palpitant. Cette exposition célèbre le brillant parcours de Manet en tant qu’artiste graphique. Reconnu comme le peintre de la vie moderne et le père de l’impressionnisme, Manet était également un graveur et dessinateur d’un talent exceptionnel, parmi les plus audacieux et novateurs du XIXe siècle.” Musée des beaux arts de Boston https://www-mfa-org.translate.goog/exhibitions/manet-black?
Anish Kapoor, Pierre Soulages, Story Musgrave…

https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/08/22/il-tombe-dans-une-oeuvre-d-art-contemporain-et-finit-a-l-hopital
Propos de l’astronaute américain Story Musgrave sur le noir de l’espace : “Dans l’espace, quand vous regardez dehors, bien sûr, il y a cette fantastique obscurité. Et l’obscurité est différente dans la lumière de l’espace, et vous essayez de l’appeler noirceur ou obscurité, mais la langue n’a en fait pas de terme pour cela. Cette obscurité a une texture différente, et c’est si réel que vous avez l’impression de pouvoir la toucher, alors que c’est le vide. Mais en fait, ce n’est pas le vide. C’est le cosmos. Il est très énergétique et contient beaucoup de messages, de choses. Il est très riche. J’avais le soleil qui venait derrière moi, et il y avait la lumière du soleil qui éclairait l’obscurité devant moi. Pourtant il n’y a rien là. Je suppose qu’il n’y a rien que l’œil puisse percevoir pour que la lumière revienne, mais il doit bien y avoir quelque chose qui renvoie la lumière dans votre direction parce que l’obscurité est différente de jour ou de nuit. Vous savez… Je la décris comme un velours. Elle est infiniment flexible. Elle est infiniment multiple. Et elle ne vous résiste en aucune façon. En fait, si, un peu : elle vous résiste assez pour pouvoir être comme si vous pouviez l’atteindre et la toucher. C’est comme un marshmallow noir. C’est comme… Je sais ce que c’est. C’est comme un voile d’eau. C’est comme une eau très fine, sauf que vous percevez presque qu’elle a une température et qu’elle n’est pas mouillée. Et donc, c’est comme si une sorte de milieu était associé à cette obscurité. C’est comme… Si vous deviez vous déplacer à travers elle, ce serait quelque chose. Ce serait quelque chose avec les mains, vous savez, quelque chose que vous pouvez sentir avec les mains. Quelque chose que vous pouvez sentir couler à travers vous, quelque chose qui pourrait être un peu spongieux.”
Mes trois articles sur les Outrenoirs de Pierre Soulages :
– Les Outrenoirs de Pierre Soulages, obsession d’un physicien ?
« La lumière telle que je l’emploie est une matière » dit Pierre Soulages. Considérer la lumière dans l’espace devant le tableau comme la matière de l’oeuvre est une intuition artistique qui rencontre la description scientifique de la lumière basée sur le champ électromagnétique dans le vide. Pierre Soulages insiste sur le triptyque peintre, tableau, spectateur. Le peintre vient ici éclairer le coeur de notre réalité. Depuis toujours nous baignons dans la lumière. Des ultraviolets à l’infrarouge au moins. Les technologies modernes élargissent le domaine des longueurs d’onde présentes autour de nous au-delà, bien au-delà des capacités de notre perception.
WIFI 6cm/ visible 500nm=0,5micromètre=0,0005mm


– Quand les « Outrenoirs » de Pierre Soulages dialoguent avec la science
https://vimeo.com/298611611 Fragmentin
https://youtu.be/kq3x5fyoY5I?si=I_nmc2_NnVitjo1l Rayform


La peinture Soulages sur un écran grâce à Artmyn
– Pierre Soulages, ou l’art d’explorer la lumière dans l’espace
« Quand il eut 20 ans il leva les yeux, regarda le ciel, regarda la terre à nouveau – avec attention. C’était donc vrai ! Dieu n’avait fait qu’ébaucher le monde. Il n’y avait laissé que des ruines.
Ruines ce chêne, si beau pourtant. Ruines cette eau, qui vient se briser si doucement sur la vitre. Ruines le soleil même. Ruines tous ces signes de la beauté comme le prouvent bien les nuages, plus beaux encore.
Seule la lumière a eu vie pleine peut – être, se dit-il. Et c’est pour cela qu’elle semble simple, et incréée.
Depuis, il n’aime plus, dans l’œuvre des peintres, que les ébauches. Le trait qui se ferme sur soi lui semble trahir la cause de ce dieu qui a préféré l’angoisse de la recherche à la joie de l’œuvre accomplie. »
« L’Inachevable », ci-dessous, est un poème en prose issu du recueil La Vie errante (1993), écrit par Yves Bonnefoy, disparu en 2016.
Et finalement les vitraux de Conques…
Abbatiale de Conques … un peu après l’an mille


La lumière, les vitraux de Conques
Les outrenoirs, ces surfaces noires si complexes, jouent de la réflexion et de l’absorption de la lumière. À chacune de mes visites au musée de Grenoble, je fais longuement les cent pas devant le grand outrenoir qui y est exposé. Il est magnifiquement éclairé par un puits de lumière naturelle. Son apparence change ainsi au rythme des heures et des saisons. Un bonheur !
À Conques, les vitraux sont constitués de grains de verre soudés ensemble à haute température. Ils sont le résultat d’une recherche acharnée de plusieurs années. La lumière qui pénètre dans la nef est transformée par la diffusion à travers les vitraux. Toute la lumière entre, mais aucune image extérieure n’est perçue à l’intérieur, dit Pierre Soulages en substance. Le résultat vous saisit. Je suis aussi resté des heures à déambuler dans l’abbatiale de Conques pour suivre les changements de la lumière et de sa couleur, pour admirer le bain de lumière étonnant qui s’installe grâce à la structure du monument et aux vitraux qui équipent ses ouvertures. Un bonheur toujours renouvelé.
CHAIRE SOULAGES ET LA LUMIÈRE de l’institut d’Optique à Paris
Pierre Soulages a consacré une place centrale à la lumière dans son œuvre, par l’expression de contrastes d’apparence visuelle, travaillés notamment à partir de relations de brillance/matité. « Ma matière, c’est la lumière réfléchie par le noir », indique l’artiste qui crée, en 1979, les Outrenoirs.
“Caractériser quantitativement l’ensemble des effets recherchés par Pierre Soulages est un défi à la fois expérimental et théorique pour le physicien, et c’est l’objet de la chaire « Soulages et la lumière ». Cette recherche scientifique permettra une connaissance approfondie du travail de l’artiste, offrira des retombées concrètes pour la conservation des œuvres, et ouvrira un dialogue entre science et art, grâce à un travail de médiation à destination du grand public, réalisé en lien avec les musées partenaires de la chaire (le musée Soulages de Rodez, le musée Fabre de Montpellier, et le musée d’art moderne de Strasbourg). » sur le site