Tomas Saraceno
Plan du cours:
- On regarde la vidéo qui présente l’exposition au Palais de Tokyo
- Les toiles d’araignées
- Les vibrations
- Les ballons chauffées au soleil
- Les poussières
- Arts, Design, Sciences et Tech, tout est dans l’exposition
- Sortie d’exposition



” L’ASSEMBLAGE TOILE-D’ARAIGNÉE Depuis 2005′, Tomás Saraceno nous propose de changer de perspective, en racontant des histoires du point de vue de la toile de l’araignée. Repenser l’assemblage toile-d’araignée nous permet de prendre au sérieux son rôle d’extension matérielle des systèmes sensoriel et cognitif de l’araignée, dont elle est inséparable. Les collections muséologiques ont pourtant tendance à se concentrer sur l’araignée isolée de sa toile, plutôt que de suivre les fils de ces architectures matérielles qui connectent les toiles-d’araignées à leurs mondes, et qui sont les traces d’histoires complexes d’adaptation et d’évolution. Pour suivre ces histoires, et en collaboration avec des chercheurs et des institutions de divers champs disciplinaires, le Studio Tomás Saraceno s’applique à constituer une archive de toiles-d’araignées tri-dimensionnelles. C’est la seule . existante à ce jour, une ressource unique pour des recherches scientifiques aussi bien qu’artistiques, qui permet d’élaborer de nouveaux mades de classification, émergeant de la toile elle-même. Les toiles-d’araignées sont des architectures dynamiques, et non statiques — l’araignée ajuste, détruit et retisse sa toile en permanence, en particulier en réponse aux variations des conditions environnementales. Les toiles rencontrées en mai 2018 ne sont plus aujourd’hui nécessairement présentes dans les recoins signalés sur cette carte. Tout comme la toile-d’araignée, une carte n’est jamais permanente ou fixée, mais toujours susceptible d’évoluer : elle est avant tout une invitation à enquêter. En observant attentivement l’assemblage vivant et dynamique de toiles-d’araignées qui s’épanouissent juste au-dessus de vos têtes, vous découvrirez de nouvelles toiles, de nouveaux habitats et même sans doute de nouvelles espèces.” Copie de cartel de l’exposition
La base de mon cours sur Thomas Saraceno:
- Son exposition au Palais de Tokyo en 2018-2019 : https://palaisdetokyo.com/exposition/carte-blanche-a-tomas-saraceno/
- Mes articles sur Tomas Saraceno:
- Son site : https://studiotomassaraceno.org
Avec lui, on voit les toiles d’araignée autrement
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Pour capter les vibrations du monde, l’art et la technologie à la rescousse
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
L’exposition « On Air » de Tomas Saraceno au Palais de Tokyo s’est terminée le 6 janvier 2019. Comme des milliers de visiteurs, j’ai vu, fasciné, pendant des heures, ces immenses toiles d’araignées vibrant dans la pénombre. Tomas Saraceno soulignait, il y a environ un an, dans un échange avec Nadine Botha :
« Je pense qu’il existe une myriade d’autres possibilités de perception incarnées. Nous devons reconsidérer plus avant notre incapacité non seulement à communiquer entre nous, mais aussi à comprendre la majorité des espèces qui vivent sur cette planète et qui ne sont pas nécessairement humaines. »
Merveilleuses araignées
À première vue, pas de chance, ce programme est bien mal parti. L’époque ne semble pas à l’exploration de nouvelles perceptions du réel par la reconnexion avec la diversité du vivant qui d’ailleurs s’effondre. A priori les araignées, chères amies de l’artiste, n’ont donc pas fini de succomber sous les coups de balai et de passer dans les aspirateurs sans une once de considération pour les merveilles vivantes qu’elles sont. Être aujourd’hui le sujet de recherches scientifiques très actives, par exemple quant aux propriétés étonnantes de leur fil et aux conditions extrêmes de sa production, ne semble pas vraiment suffisant pour nous les rendre plus proches.
« La crise de la sensibilité » et la technologie
Au contraire de la vision de Tomas Saraceno, nous avons choisi de développer massivement, à partir d’un substrat qui n’est pas incarné, une nouvelle perception humaine. Celle-ci est fondée sur la technologie ambiante et ses milliards de microcapteurs. Elle n’a pas été créée comme un outil de rencontre du vivant dans l’exploration du réel. C’est même le contraire. À travers des « displays » comme les écrans, les écouteurs ou les buzzers, la multitude de données issues de ces microcapteurs vient nourrir notre perception en temps réel, et d’abord la perception de nous-mêmes.
Nous comptons nos pas et nous nous géolocalisons. Il n’y a ici aucune référence à la « myriade de perceptions incarnées » qui subit de plein fouet l’émergence de cette nouvelle perception du réel ancrée dans la technologie. Avec ces capteurs qui mesurent massivement notre corps et ses mouvements, nous nous éloignons ainsi toujours plus du monde biologique qui est pourtant celui dont nous émergeons, sans lequel notre vie est impossible.
Sans surprise, on voit paraître des articles sur « la crise de la sensibilité » ainsi nommée notamment par l’historienne d’art Estelle Zhong Mengual. Les chercheurs Jacques Tassin, Anne Atlan, Rémi Beau, François Léger, et Anne-Caroline Prévot écrivaient en décembre 2018 dans Libération :
« C’est aussi par la sensibilité que l’humain se reconnecte aux autres êtres vivants, qu’il retrouve en eux une convivialité réconfortante. Exercée, elle représente l’une des formes de connaissance les plus en prise avec le monde, avec lequel elle entretient un rapport d’inhérence. Quoi que nous en disions, nos sens font sens. »
Par la technologie, nous reconstruisons artificiellement notre perception, notre relation instantanée au monde et notre (in)capacité à communiquer entre nous. Sale temps pour les araignées donc ! Elles ne font pas partie du programme. Mais, en retour, le pronostic n’est pas bien meilleur pour nous.
L’exposition des ondes gravitationnelles
Durant l’exposition, des flots de données arrivaient au Palais de Tokyo, en provenance de capteurs au cœur d’expériences scientifiques ou d’observatoires partout dans le monde, dans l’air, sous la mer, sur le sol, sous le sol… Au premier rang, VIRGO, le détecteur européen d’ondes gravitationnelles installé en Italie près de Florence.
Par la mesure de sa propre déformation, il cherche à détecter comment la collision de deux trous noirs « fait vibrer » l’espace-temps. Sa sensibilité à cette déformation de la matière même du détecteur est inimaginable y compris pour les physiciens tant elle est déconnectée de notre perception et de nos repères. Étudier la sensibilité de cet instrument pour l’améliorer est un sujet de recherche en soi qui est probablement aussi passionnant que le résultat de l’expérience qui a été couronnée par le Prix Nobel en 2017. Les présentations de Alain Brillet, Médaille d’or du CNRS en 2017 pour sa contribution déterminante à la construction de cet appareil, sont un vrai régal. Expérience personnelle en Master à Grenoble il y a quelques années, elles sont aussi une base de cours fantastique sur l’instrumentation.
Les araignées peuvent-elles percevoir les ondes gravitationnelles ? Non, mais ce n’est pas la question !
Le Palais de Tokyo se transformait alors en centre névralgique qui nous mettait, potentiellement au moins, en relation avec des événements mesurés avec une sensibilité inouïe. Cet imperceptible omniprésent est pourtant tellement loin de notre perception, et même de notre temps et de l’espace que nous pouvons appréhender par la plus belle des nuits d’été.
La science et la technologie sont ainsi revues et intégrées par l’artiste dans un grand récit qui ne se satisfait pas des catégories et des disciplines classiques.
Le splendide isolement de leurs spécialistes bloque l’élan vers ce « hacking » de la connaissance que l’artiste appelle lorsqu’il évoque la « myriade d’autres possibilités de perception incarnées ». Lors des rencontres au Palais de Tokyo le 23 novembre 2018, j’ai cru entendre Tomas Saraceno demander à deux physiciens si les araignées dans leur toile pouvaient ressentir les ondes gravitationnelles. Il y avait dans cette question une certaine provocation et une petite dose d’ironie. Pauvres araignées, leur capacité de détection des vibrations de leur toile est incroyable mais… soyons clair : scientifiquement, la question n’a aucun sens. De plus, à trop bien ressentir, on risque de se noyer dans le bruit.
Pour mesurer l’effet des ondes gravitationnelles, il faut d’abord supprimer tout le reste, toutes les vibrations ambiantes, parasites qui ne doivent pas être captées. Mesurer ici, c’est d’abord isoler ces capteurs du reste du monde comme on n’y est jamais parvenu auparavant.
Rencontre du 3e type ?
Mais il y avait une question complémentaire adressée la minute suivante à ces physiciens, et remarquablement soulignée par la fulgurance de la première. De mémoire, et en substance : « Comment explorer les perceptions particulières que différentes formes du vivant ont du réel ? Comment puis je ressentir comme une araignée, entrer ainsi dans une nouvelle vision du monde, et peut être dans un dialogue avec elle ? »
Cela m’a semblé une évidence dans cette exposition : Tomas Saraceno ne se résout pas à voir cette technologie devenir toujours plus un vecteur de notre repliement sur nous même. Il sent bien aussi que l’humanité peut aujourd’hui au contraire chercher le chemin d’une nouvelle alliance avec le monde vivant. Dit plus brutalement, ce dernier est, à l’écart du monde digital nouvellement arrivé, ce lieu bien réel incroyablement complexe et sophistiqué, de création et de transformation massive de l’information. Une confluence est-elle possible entre ces deux réalités incontournables ? Dans cette vision, la question que porte cette exposition devient alors comment « hacker » le monde humain d’aujourd’hui pour explorer la « myriade d’autres possibilités de perception incarnées ». https://www.youtube.com/embed/YNOwfa65gjU?wmode=transparent&start=0
Toucher la vibration
Qui gagne ? Mes doigts grâce à l’extension du toucher par des microsystèmes en silicium ou l’araignée ? Je reste fasciné par la comparaison des performances des capteurs de vibration des araignées avec celles des microsystèmes issus des nanotechnologies et qui équipent nos Smartphones. Ce n’est pas une fascination récente, en témoigne cet article de 2016, « Good vibrations : Le Smartphone et le Scorpion »
Jeux avec les vibrations d’un mur captées par un Smartphone lors de la Game Jam Mouvements et Smartphones au Carrefour du Numérique à Universciences (octobre 2016).
Scorpions et araignées sont de « la même famille », la classe des arachnides. Vibrations à la surface du sable dans le désert ou de toiles d’araignée, il s’agit de la même question, celle de la rencontre étonnée et heureuse d’exemples « de la myriade de perceptions incarnées ». https://www.youtube.com/embed/JpVRDD8lLL0?wmode=transparent&start=0
Chercher et apprendre, encore et toujours, par le(s) sens et la raison
Inspirés par l’exemple des scorpions, nous cherchions avec l’ENSCI les Ateliers, le laboratoire de design graphique de l’ESAD Grenoble/Valence et l’IRCAM à rendre immédiatement perceptibles les microvibrations mécaniques ambiantes.
Les performances surprenantes des Smartphones comme capteurs de vibration nous ont ouvert la perspective d’explorer facilement cette vibration imperceptible mais toujours présente du monde. On peut le faire d’une part en réfléchissant. Comme d’habitude, notamment en sciences, est-on tenté de dire. On peut aussi aujourd’hui percevoir avec nos sens augmentés par les capteurs, étendus au-delà du perceptible, comme on le voit dans la vidéo ci-dessus.
Avec l’aide des scorpions et maintenant des araignées, on se demande alors comment se débrouiller avec ce nouveau toucher. Merci aussi à Tomas Saraceno : il est bon de se sentir en bonne compagnie !
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Olafur Eliasson
L’énergie, matériau de l’œuvre d’art ?

Joël Chevrier, Université Grenoble Alpes (UGA)
Étonnante œuvre d’art que la Little Sun Lamp d’Olafur Eliasson : un petit panneau solaire, des LED pour s’éclairer la nuit et entre les deux, une batterie qui, le jour, stocke l’énergie de la lumière du soleil. Chacune de ces lampes est un petit soleil. Chacune éclaire un enfant qui étudie et qui ne respire plus les vapeurs toxiques d’une lampe à kérosène. https://www.youtube.com/embed/bWGeQOuKicY?wmode=transparent&start=0
De petites lampes solaires identiques font une œuvre d’art
Cette petite lampe est la brique élémentaire de l’œuvre d’Olafur Eliasson, qui en a dévoilé une nouvelle version en mars 2017. Elle sera peut-être reproduite à des millions d’exemplaires si elle rencontre un vrai succès.
Le site du projet affichait une distribution de 500 000 exemplaires à la fin de l’année 2016. C’est une œuvre d’art du XXIe siècle. Ainsi Jacques Attali remarque à son propos dans son Histoire de la modernité :
« Une œuvre d’art sera un acte, un objet, une situation, une création donnant envie d’être altruiste et d’apprécier l’altruisme. »
Olafur Eliasson et Frederik Ottesen produisent une œuvre d’art altruiste et très actuelle par les résonances qu’elle suscite tant au plan artistique, social que scientifique.
Découvrir Olafur Eliasson
Pour un physicien, c’est un vrai choc que de rencontrer les œuvres de cet artiste. Pour ma part, je l’ai découvert lors de l’ouverture de la Fondation Vuitton à Paris. Il y exposait en particulier des pièces de grande taille qui jouent avec la lumière dans l’espace. Dans cette exposition intitulée Contact (2014), cette pièce que j’appellerai l’« immense salle aux murs miroir » m’a fait jouer un long moment avec les symétries spatiales que l’on étudie en maths et en physique au collège. https://www.youtube.com/embed/fzxBTjmAmfk?wmode=transparent&start=0
Dans un dispositif qui m’accueillait et m’englobait, j’étais, comme chaque visiteur, le point manipulé, avec la simplicité, la sobriété et l’élégance que l’on rencontre chez les matheux à l’œuvre. Olafur Eliasson m’amenait à déambuler dans son installation et à en jouer comme un enfant.
Heureuse surprise pour un scientifique que de se vivre élément de sa propre expérience dans une œuvre d’art. En marchant dans une matérialisation, en fait une représentation originale, singulière et magnifique, on pouvait aussi, en jouant, explorer des concepts scientifiques universels et abstraits. Elafur Oliasson crée-t-il avec cette idée en tête ? À vrai dire, je n’en sais rien. C’est simplement pour moi une évidence qui contribue à me faire aimer ses œuvres. https://www.youtube.com/embed/vds6z9HzgaY?wmode=transparent&start=0
L’énergie, matériau de l’œuvre d’art ?
Avec Little Sun Lamp aussi, la lumière est bien présente. L’énergie, ici au sens de la physique, apparaît comme constituant, comme matière de l’œuvre d’art. En physique classique, l’énergie est d’abord reliée au mouvement à travers le produit d’une force et d’un déplacement. Dès l’introduction du mouvement dans les œuvres, l’énergie, élément clé de notre description du monde, devient un matériau artistique.
Ma connaissance de l’histoire de l’art ne me permet ni de dater ni de suivre le fil de cette histoire de l’énergie comme matériau dans l’art. Aussi j’ancre mon propos ici sur deux exemples récents et bien connus : Jean Tinguely et Alexandre Calder.
L’énergie du XXe siècle chez Jean Tinguely
Dans la fontaine Stravinsky à côté du Centre Pompidou, on peut admirer des machines de Tinguely. Ces machines sont à l’image du XXe siècle qui les a vues naître : pour qu’elles puissent se mettre en mouvement, elles intègrent souvent un moteur.
Ces moteurs sont connectés à d’immenses réseaux qui distribuent soit du carburant, soit de l’énergie électrique dont les sites de production sont de bien nommées centrales, gérés par d’énormes entreprises. Toutes ces centrales ont en commun de brûler quelque chose (matière nucléaire, gaz, charbon ou pétrole) pour faire chauffer le plus souvent de l’eau, la source chaude, et d’être connectées à l’air ambiant ou à une rivière, la source froide.
Dans les œuvres de Tinguely, artiste enfant de la révolution industrielle, c’est une énergie doublement gratuite qui est constitutive de l’œuvre d’art. D’une part, elle ne nous a rien coûté eu égard aux services rendus : sa disponibilité et son abondance ont transformé l’humanité en profondeur. D’autre part, comme le disent Michel Serres et bien d’autres, elle a libéré la plupart d’entre nous de tout travail physique pénible.
La mise en œuvre ne nécessite que d’appuyer sur un interrupteur. Chacun, à chaque instant, pour se déplacer, se chauffer, se laver, manger et donc aussi s’éclairer, utilise une énergie qui n’est pas à taille humaine. Le plus souvent, il suffit de bouger un doigt un bref instant pour mettre en jeu et consommer une quantité d’énergie énorme. De plus en plus, l’essentiel de notre vie consiste à gérer des flux d’information. Qui, dans nos villes en particulier, travaille aujourd’hui la matière directement au prix de sa propre énergie ?
L’énergie et les mouvements de l’air chez Calder
Les mobiles de Calder sont, eux aussi, nés au XXe siècle. Le nom de « mobiles » leur vient de Marcel Duchamp, qui les a baptisés ainsi lors de leur présentation à Paris en 1932. Alexandre Calder était ingénieur mécanicien de formation. Ses mobiles peuvent être de taille conséquente et mettre en mouvement des masses importantes. https://www.youtube.com/embed/IhGkuj5f2rI?wmode=transparent&start=0
Cela suppose des précautions de manipulation et de mise en œuvre car, alors, même pour des mouvements lents, les énergies associées sont importantes. Calder nous donne à voir, à percevoir, l’énergie associée au mouvement des masses d’air tout autour de nous, dans lesquelles nous vivons. Ses mobiles, œuvres complexes, au bord de l’équilibre et de l’immobilité, soulignent, pratiquement en l’absence de vent (sinon ce n’est pas du jeu tant c’est évident), ces mouvements tranquilles et puissants, désordonnés et permanents, alimentés en dernière analyse par le chauffage solaire de l’atmosphère.
À travers l’évidence du mouvement, les échanges d’énergie avec l’air qui circule traduisent la relation de l’œuvre au monde, son « couplage à l’environnement ». L’œuvre échange de l’énergie avec le reste du monde, elle n’est pas un système isolé, dit-on en physique. Ce qui nous est donné à voir dépend de l’état du monde autour d’elle.
Rien de tel chez Tinguely : ses machines sont alimentées en énergie par des câbles qui viennent de loin et sont matériellement connectés à la globalité du monde par des réseaux et des centrales.
Les mobiles de Calder, ici et maintenant, se couplent à la circulation de l’air ambiant qui s’inscrit par échelles successives dans le mouvement d’ensemble de l’atmosphère.
Dans un monde qui par nécessité, se repose la question des ressources, de la matière et de l’énergie, le travail de Calder sur l’énergie, matériau de l’œuvre, apparaît d’une grande modernité.
Une œuvre d’art utile, c’est bizarre !
Cette modernité est encore plus manifeste chez Olafur Eliasson, artiste engagé de notre temps. Frederik Ottesen et lui jouent avec le cycle quotidien de l’énergie lumineuse, et rendent l’œuvre périodique, accrochée à un cycle circadien, l’alternance du jour et de la nuit. Toutes ces petites lampes solaires construisent un réseau qu’ils veulent immense. Ce réseau ne transporte que le sentiment d’être relié par un usage partagé : se donner du temps dans la nuit. Pour cela, cet usage ne soustrait rien, ne dégrade pas. Pour le matérialiser, son œuvre intègre un maximum de connaissances, d’intelligence, un minimum de matériaux et aucune énergie fossile pour son fonctionnement.
Au sujet du projet SALt de Aisa Mijeno, Barack Obama a dit :
« Je pense qu’Aisa est un parfait exemple de ce qu’on voit maintenant dans beaucoup de pays : de jeunes entrepreneurs qui inventent des technologies qui permettent de passer d’un seul bond à l’énergie renouvelable. »
De même, l’affirmation de l’utilité sociale de la Little Sun Lamp à l’heure où un milliard de personnes vit sans électricité est une composante de cette œuvre d’art. Elle sert à transformer et à stocker de l’énergie pour éclairer un enfant dans la nuit. C’est sa modernité.
Certes, depuis l’arrivée de l’utilisation massive du pétrole et de l’électricité, la terre entière cherche à transformer et à stocker de l’énergie pour éclairer l’enfant qui apprend le soir venu. Mais là, c’est chacun et ensemble, ici et maintenant, chaque jour, en complète autonomie, gratuitement, sans usure ou presque, et pratiquement sans déchet. Une constellation de petites lumières qui portent l’espérance dans la nuit. Comme le soleil qui se lève chaque matin…
Petite lumière dans la nuit qui chasse l’obscurité
Et pour finir : Olafur Eliasson et Frederik Ottesen posent une question qui est au centre de notre vie future : quelle lumière pour le monde à venir ? C’est aussi une des questions que pose l’exposition Luminopolis de Cap Sciences à Bordeaux (3 juin 2017 – 30 mars 2018). Cette exposition – dont je suis un des conseillers scientifiques – a des liens forts avec Little Sun Lamp à mes yeux.
Va-t-on continuer, en dépensant une énergie apparemment gratuite, à éclairer le monde massivement comme nous le montrent les images prises de l’espace, et à supprimer ainsi le ciel nocturne ? Paradoxalement, nous ne nous rendons pas vraiment compte, endormis dans des chambres obscurcies, à quel point nous perturbons l’ensemble des écosystèmes en altérant l’alternance entre le jour et la nuit. Ou bien, comme le propose Olafur Eliasson, allons-nous, chacun dans nos vies, réapprivoiser la vie autour de petites lumières dans une obscurité plus proche, mais qui n’est pas peuplée de nos idées noires ?
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
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Avec Olafur Eliasson, une alliance militante Sciences&Design face aux transitions du monde

Aujourd’hui, mais hier déjà, l’énergie et les interrupteurs, le Smartphone et le designer Jony Ive. Demain, mais aujourd’hui déjà, les œuvres de Olafur Eliasson pour être ensemble face aux transitions du monde.
Image Little Sun co-founder Olafur Eliasson (2012) © Tomas Gislason
Remerciements d’un enseignant à Olafur Eliasson
Olafur Eliasson disait en 2019:
La vie sur terre repose sur la coexistence entre les personnes, les animaux non humains, les écosystèmes et l’environnement. La coexistence est source de beauté, mais aussi de chaos et de difficultés. En réalité, nous sommes tous sur le même bateau. C’est pourquoi, nous devons prendre au sérieux l’urgence climatique. Pour y faire face, nous -individus, institutions, entreprises et gouvernements- devons faire confiance à la science et mettre en commun nos connaissances, notre créativité et notre énergie.
Finalement cet article décrit comment Olafur Eliasson et ses oeuvres viennent m’inspirer. Comment accompagner les étudiants, futurs acteurs d’un monde qui vient bien trop vite, face à ses changements de grandes ampleurs (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité…), avec la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité ? Cet enseignement est expérimenté à l’UGA avec l’école d’art et de design, l’ESAD et l’école d’architecture, l’ENSAG, et accueilli dans le FabLab du CCSTI La Casemate depuis quelques années. Il est à l’image d’autres, équivalents et heureusement toujours plus nombreux dans différentes universités. Partout ces enseignements cherchent à rassembler des étudiants et des enseignants en sciences, en humanités, en technologie, en design et en arts qui se mobilisent autour des objectifs du développement durable.
L’abondance de l’énergie, hier et aujourd’hui.


Cette courbe montre une augmentation incroyable de la consommation d’énergie de l’humanité depuis un siècle. Elle est devenue comparable à l’énergie solaire captée par photosynthèse. Les plantes, les arbres, le plancton, les algues… toute la planète verte. C’est un fait majeur dans l’histoire de l’humanité.
COVID note: J’ai écrit cet article avant la pandémie Covid. Évidemment, la grande question aujourd’hui est : où seront les points qui viendront s’ajouter à cette courbe cette année, l’année suivante et les autres… ? Pour comparer, on peut chercher dans cette courbe, l’impact des crises passées comme la crise financière de 2008…
Les conditions de vie de l’humanité ont ainsi changé du tout au tout. Mes grands-parents nés vers 1900 n’ont vécu que les prémices de cette évolution. Dans les années 60 et 70 du XXème siècle, mes parents et bien sûr moi-même en « late baby boomer », avons été portés par cette accélération brutale du monde, et avons vécu dans un pays comme la France, dans l’idée d’un monde infini et de la dilution des pollutions dans l’air ou l’océan, des espaces inaltérables… Pourtant l’écologiste René Dumont en 1974 tirait le signal d’alarme. J’en garde le souvenir de moqueries au collège à propos de son verre d’eau potable si précieux. L’insouciance est un luxe agréable. Dans cette période, je ne me rappelle pas avoir vu évoqué au lycée cet emballement de la consommation d’énergie. C’était pourtant l’époque de la naissance du programme électro-nucléaire français. Ce manque de curiosité est certainement aussi le résultat d’une absence totale de contrainte dans la vie quotidienne. L’énergie n’était pas une question pour cet adolescent des 70’s.
L’énergie et l’interrupteur : une première alliance Sciences&Design
L’énergie électrique en particulier a des propriétés incroyables : elle est là, partout, invisible, immédiatement disponible, sans limite apparente et très propre puisque les déchets sont loin. Magique quand on y pense. Plus fort que le génie de la lampe.
Le vocabulaire du XXème siècle est explicite : centrales, réseaux, interrupteurs… Les lieux de production de l’énergie électrique sont les centrales thermiques. Elles sont seulement quelques dizaines en France de tout type mais surtout nucléaires. Elles sont le lieu de l’énergie hyper-concentrée. Et essentiellement invisibles pour la grande majorité des usagers. Elles nourrissent le réseau qui transporte l’énergie électrique de ses centres de production vers… tout le monde. Pratiquement sans défaillance dans un pays comme la France. Une prouesse scientifique, technologique et industrielle.
Pour chacun, elle est mise en route par des interrupteurs, objets banals de notre quotidien. Il y a probablement des dizaines de milliards d’interrupteurs sur terre. Sans surprise, Wikipedia date son invention autour de 1860, quand la courbe de l’énergie se soulève. Comment pouvait-il en être autrement ?


Dans le texte Transformateur écrit par Marcel Duchamp et publié en 1939 dans l’anthologie de l’humour noir d’André Breton, on lit à propos de l’interrupteur : Transformateur destiné à utiliser les petites énergies gaspillées comme : l’excès de pression sur un bouton électrique.
L’interrupteur complète le dispositif de production et de distribution de l’énergie. Nous contrôlons ainsi d’un doigt des flux d’énergie énormes, bien au-delà des forces humaines, ou à l’inverse insignifiant. Cela ne fait d’ailleurs aucune différence. Mettre en route n’a plus rien à voir avec l’énergie associée à l’action démarrée. Les interrupteurs, sont à la fois évidents et discrets, aux bons endroits, et bien installés dans nos vies. Ils accompagnent « la fée électrique » qui est là, partout, invisible et immédiatement disponible sans limite. Très beau travail de design.
La commande passée par l’entreprise Legrand en 2013 à la designer Victoria Wilmotte vient l’illustrer et en souligner la modernité.


Cette alliance Sciences&Design nous a rendu l’usage de l’énergie doublement gratuit. Bien sûr, nous payons pour avoir accès à l’électricité. Mais en fait, pas toujours. Charger votre ordinateur dans un café ne rendra pas immédiatement votre boisson plus chère. D’autre part, nous utilisons, et en fait toujours aujourd’hui, cette énergie sans savoir exactement quelle quantité nous en consommons et sans vraiment y penser non plus tant son usage est banal. Mais les temps changent déjà.
COVID note: Là encore, cette dernière remarque « Mais les temps changent déjà. » écrite dans la candeur de l’avant… on va maintenant voir ensemble comment on contribue ensemble à changer les temps . On y pensera peut être quand on recommencera à « charger son ordinateur dans un café »…
Jony Ive et le Smartphone : une deuxième alliance Sciences&Design
La génération de mes enfants est la quatrième dans cette histoire. Comme le montre la courbe, elle a grandi, au tournant du siècle, dans un monde à l’énergie toujours plus abondante. A cette époque, avec des claviers et des écrans déjà là, le design allié à la science et la technologie va à nouveau brutalement changer le monde. Dans Le Monde du 7 octobre 2011, à la suite du décès de Steve Jobs, Milad Doueihi, historien des religions devenu un spécialiste de la culture numérique, écrivait :
(…) la plus grande influence de Steve Jobs aura été ce retour du corps dans notre quotidien numérique, retour qui a transformé notre habitus en modifiant l’espace du travail, l’espace publique et l’espace intime.
Finalement un Smartphone, c’est d’abord un système de capteurs qui engrangent de l’information sur le monde qui lui est extérieur. Le gyroscope bien sûr mais aussi le micro et bien sûr le clavier. L’intelligence embarquée, toujours plus artificielle, traite cette information en temps réel en utilisant beaucoup d’énergie électrique. Elle nourrit alors les « displays » : écran, haut-parleur, vibreur, etc. Ces « displays » s’adressent à différents canaux sensoriels de la perception humaine qui les fusionne.
Grâce au design, cette adaptation du Smartphone à notre perception, à notre corps, à notre relation aux autres, à notre vie en fait, est simplement extraordinaire. Qui se soucie de la technologie et de la science ainsi massivement à l’œuvre en temps réel dans notre quotidien ? Même pas les scientifiques branchés sur leur messagerie et écouteurs dans les oreilles comme tout le monde.
L’histoire de la collaboration basée sur le design entre Steve Jobs et Jony Ive est devenue une légende. Son symbole est le Smartphone. Ils ont contribué à inonder le monde de Smartphones en une décade, et ainsi à le changer en profondeur. Évidence quotidienne.
C’est une alliance Sciences&Design construite au XXème siècle avec l’obsolescence programmée comme vision d’avenir. Toujours présente. Ainsi le Smartphone que l’on doit changer rapidement, est fondamentalement un objet du XXème siècle. On croyait encore à l’abondance quasi gratuite de l’énergie, des matériaux et des ressources. Les déchets toujours au loin. Il apparait que nous sommes à peu près tous en phase de réveil face à la réalité qui ne négocie pas. Ce réveil est bien difficile tant nous revenons de loin, mais le mouvement semble s’intensifier autour de ces questions cruciales pour notre avenir sur cette planète.
COVID note: Là encore, le Covid va probablement accélérer violemment notre réveil ! Nous sommes appelés à travailler à notre métamorphose ! Temps de la chrysalide ? Pas vraiment le choix en fait !
Olafur Eliasson: une troisième alliance Sciences&Design
Cette alliance Science&Design se constitue en militante face aux transitions du monde, ancrée dans le développement durable.
A l’époque de la naissance de mes petits-enfants, suivant cette courbe ci-dessus, la consommation mondiale de charbon et de pétrole semble avoir passé son maximum. Depuis très peu, et nous savons que cette consommation ne diminue pas assez vite. Nous devrions tout faire pour que la consommation des combustibles fossiles diminue brutalement dans les dix ans qui viennent. Déjà l’Australie brûle. Le sud de l’Afrique alterne inondations et sécheresses comme jamais vu. Liste non exhaustive. De loin. Et, nous savons cela aussi, ce n’est qu’un avant-goût. On parle de 3°C, 4°C, voire 5°C d’augmentation de la température de la Terre à la fin de ce siècle. Quand va-ton se souhaiter « bonne chance à tous » ?
Olafur Eliasson et de nouvelles générations d’artistes et de designers par leurs expositions, leurs événements et leurs actions sont non seulement des témoins mais aussi des militants sur ce terrain. Ils viennent nous aider à être au monde ensemble aujourd’hui et demain. Les œuvres comme Ice Watch sont explicitement là pour cela.


Une évidence à mes yeux : pour être ensemble dans l’action face aux menaces terribles qui montent, il lançait là une alliance Sciences, Technologies, Design, Arts.
D’abord, être ensemble par le mouvement des corps
J’ai visité l’exposition récente de Olafur Eliasson, « In real life » à la Tate Modern de Londres. Titre très clair…
Deux aspects m’ont particulièrement ému.
COVID note: Il faut alors rêver de notre prochain “être ensemble” dans une exposition d’Olafur…


Si on vous offre une visite privée, pour vous tout seul, refusez tout net. Voir une exposition de Olafur Eliasson seul n’a pas de sens. Elle n’existe pas sans un public nombreux.


Dans ce « How do we live together ? », “Comment vivons nous ensemble ?”, il y a simplement un grand miroir au plafond. Résultat garanti : les visiteurs couchés par terre, ou dansant, se regardant, jouant ensemble, rendent cette œuvre vivante à chaque instant dans des rencontres inattendues. Toutes les postures sont possibles. Si simple.
COVID note: Souvenirs et soupirs… C’est clair, il est aujourd’hui un peu compliqué d’écrire en plein confinement « être ensemble par le mouvement des corps », et de décrire les gens debout ensemble , assis ou couchés dans « How do we live together ? ». Mais revenir sur ce texte pour le publier aujourd’hui sur Echosciences interroge ce « être ensemble par le mouvement des corps ». Ainsi le travail de la designer Claire Eliot avec Soft Mirror vient précisément là. Comment je fais un signe de la main avec Soft Mirror de confiné à confiné distants, comment les mouvements de mon corps deviennent-ils au loin un témoignage de ma présence, un signe de ma connivence muette voire de « ma simple présence pour toi », présence transportée hors de toute parole ? Soft Mirror, une oeuvre d’art post-COVID ?
Le designer documente son exposition dans l’exposition
Finalement une immense frise montre la documentation détaillée de l’exposition « In real life » . Des dizaines de mètres carrés de textes, de notes manuscrites, de références, de photos du monde entier. Montrer ainsi la fabrication de l’exposition est une technique chère aux designers qui documentent tout. Et ils ont bien raison, parole de prof et de chercheur… On retrouve donc cette passion de la documentation bien sûr dans les écoles de Design mais aussi chez d’autres artistes-designers militants comme par exemple Tomas Saraceno. Son exposition “On Air” au Palais de Tokyo 2019 se terminait aussi par une grande frise. Magnifique. Et bien sûr un même discours militant. Il est d’ailleurs bien cité par Olafur Eliasson dans « In Real Life ». Les mêmes causes…

Ensuite, « Nous devons faire confiance à la science. »
Olafur Eliasson a déclaré quand il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté pour l’action climat et les Objectifs de développement durable par les Nations Unies en septembre 2019:
La vie sur terre repose sur la coexistence entre les personnes, les animaux non humains, les écosystèmes et l’environnement. La coexistence est source de beauté, mais aussi de chaos et de difficultés. En réalité, nous sommes tous sur le même bateau. C’est pourquoi, nous devons prendre au sérieux l’urgence climatique. Pour y faire face, nous -individus, institutions, entreprises et gouvernements- devons faire confiance à la science et mettre en commun nos connaissances, notre créativité et notre énergie.
Je lis « …devons faire confiance à la science… » et je vois les références explicites aux travaux scientifiques dans cette exposition et dans la frise. C’est ma seconde émotion. Comme scientifique, je me sens doublement accueilli dans les expositions de ces artistes-designers. Leur prise en compte des résultats scientifiques est explicite et sérieuse. Elle montre d’ailleurs une confiance qui nous oblige. Mais aussi, ils invitent les scientifiques à rentrer dans la danse avec tous, à participer pleinement à ce rassemblement de l’humanité pour lequel ils militent, et peut être à sortir du dilemme que souligne Naomi Oreskes, historienne des sciences à l’université Harvard:
Les scientifiques associent souvent la rationalité avec l’absence d’émotion, et nous avons une tradition culturelle d’opposer les émotions à la raison. Donc, quand ils prennent connaissance d’un résultat qui déclenche une réponse émotionnelle, cela les rend mal à l’aise. C’est quelque chose que nous avons vu et documenté.
#ConnectedByTheSun: avec Little Sun Lamp, chacun s’augmente de sa petite « photosynthèse artificielle »

Un milliard de personnes sur terre n’utilisent pas d’interrupteurs. Pas d’électricité, pas d’interrupteur. Pas de lumière artificielle non plus alors que c’est souvent le soir que l’on étudie. Alors on s’éclaire en brûlant des dérivées du pétrole. Cher, polluant, mauvais pour la santé.
Little Sun Lamp vient éclairer proprement toutes les nuits studieuses. Sans aucun plein de carburant. Sans relâche. Ce n’est qu’un morceau de panneau solaire, une petite LED blanche, une batterie rechargeable, un bout d’électronique assez sommaire et un interrupteur. Le tout est inséré dans un boitier plastique. Cette lampe représente une jolie fleur jaune qu’on peut rapidement produire avec une imprimante 3D. Techniquement, rien de difficile, d’original ou de nouveau. On trouve l’équivalent ailleurs en fait. Et franchement, c’est du niveau de projets d’étudiants comme j’en encadre à Grenoble.
Et c’est là que Little Sun Lamp est génial. Aujourd’hui une communauté de plus d’un million de personnes s’éclaire la nuit avec la lumière du soleil récoltée le jour. Le réseau Little Sun Lamp n’est pas celui, seulement matériel et déshumanisé, de la distribution électrique centralisée mais une communauté humaine horizontale et internationale symbolisée par le hashtag #ConnectedByTheSun. Symbole à nouveau de cette alliance Sciences&Design au XXIème siécle. La force du projet est on ne peut mieux décrite par Jacques Attali dans son Histoire de la Modernité. Il écrit à propos de Little Sun Lamp:
Une œuvre d’art sera un acte, un objet, une situation, une création donnant envie d’être altruiste et d’apprécier l’altruisme.
Et donc encore merci à Olafur Eliasson
Merci à Olafur Eliasson de venir m’inspirer dans la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité.
Il s’agit bien de savoir comment accompagner les étudiants, futurs acteurs d’un monde qui vient bien trop vite, face à ses changements de grandes ampleurs (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité…), avec la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité. Cet enseignement est expérimenté à l’UGA avec l’école d’art et de design, l’ESAD et l’école d’architecture, l’ENSAG, et accueilli dans le FabLab du CCSTI La Casemate depuis quelques années. Il est à l’image d’autres, équivalents et heureusement toujours plus nombreux dans différentes universités. Partout ces enseignements cherchent à rassembler des étudiants et des enseignants en sciences, en humanités, en technologie, en design et en arts qui se mobilisent autour des objectifs du développement durable.